COMPTE
RENDU DU DEPLACEMENT D'UNE EQUIPE DE FRANCE
Championnat du monde Catégorie : F3J
Dates
: 27 juillet au 6 août 2008 Lieu :
Adapazari Pays : Turquie
Composition de la délégation française
Nom, prénom / Club / CRAM Fonction
Bocquet Luc / AMCY / 3022 …………………………..Chef d’équipe
Daumas
Philippe / Les 5 A / 3003………………………Pilote senior
Fournier
Lionel / MAC Sermange / 3009
………..…..Pilote senior
Finck
Olivier / Club Brie et Angonnes /
3021.............Pilote senior
Bocquet
Florian / Eole AMV /
3022............................Pilote junior
Galeazzi
Robin / MAC Sermange / 3009...................Pilote
junior
Rodriguez
Charles / AMC d’Orange / 3020 ………...Treuilleur (*)
Debisschop
Loïc / Eole AMV / 3022
…………………..Treuilleur
Bocquet
Yann / Eole AMV /
3022……………………..Treuilleur
(*)
aide en
charge des juniors
En résumé
Les résultats des équipes de France Senior et
Junior obtenus cet été au championnat du monde F3J confirment les progrès
enregistrés depuis 2006.
Le profond renouvellement de la catégorie en
France depuis 2004 produit ses effets au plus haut niveau, les résultats obtenus par les équipes
confortent le sous-comité F3J dans les actions qu’il doit continuer de mener.
L'organisation et la bonne cohésion du groupe ont permis aux seniors
d’atteindre leur meilleur résultat depuis la création de la catégorie.
Préparation de l'équipe
La préparation de l’équipe a été effectuée
essentiellement lors de 3 concours internationaux :
- en
Italie (Milan) les 24/25/26 avril 2008
- en Belgique (Anvers) les 6/7/8 juin 2008
- en France
(Jura’s Cup) les 14/15 juin 2008
Compte tenu des résultats obtenus en
championnat, cette préparation a été très profitable.
En revanche, il n’a pas été réalisé de stage de
préparation compte tenu de la bonne cohésion de l’équipe, les équipiers seniors
et 2 des aides collaborant étroitement depuis le début de la saison 2007
A noter également qu’un forum de discussion a été créé pour les besoins exclusifs de
l’équipe. Cet outil a permis une bonne circulation des informations entre les
équipiers pendant les 8 mois précédant le championnat.
Les supporters étaient tenus informés du
déroulement du concours via un compte-rendu journalier de l’équipe effectué par
internet.
Organisation du déplacement
Le championnat avait lieu entre Istanbul et
Ankara. Le voyage s’est effectué par avion, nous avons eu recours sur place à
des véhicules de location. Il n’y a eu aucun problème particulier.
Entraînement de l'équipe
Contrairement à l’année passée, l’équipe a
choisi de ne pas participer au concours international qui précédait le
championnat. Celui-ci ayant été réduit finalement d’une journée, l’équipe a pu
bénéficier exceptionnellement de prés d’une journée et demie d’entraînement.
Hébergement et repas
Nous avions retenu l’hébergement le plus proche
proposé par l’organisateur. L’hôtel était également occupé par les équipes
anglaise, norvégienne, slovaque et russe. L’agencement était un peu fatigué,
mais dans l’ensemble, les prestations étaient correctes.
L’organisateur a offert les repas de midi aux
pilotes et aux chefs d’équipe. Il proposait un snack ouvert toute la journée et
également le soir, ce qui permettait de manger rapidement après la journée de
vol en compagnie d’équipiers étrangers.
Organisation locale et sportive
L’organisation s’est singularisée par l’importance
des moyens mis en œuvre. Il existe un seul club pratiquant le planeur de durée
en Turquie, mais son membre le plus éminent dirige un conglomérat d’entreprises
parmi lesquelles les organisateurs ne semblent pas avoir eu de difficultés à
trouver des sponsors très généreux.
Quelques exemples : plus de 1000 m2 de
tentes montées sur poutrelles, stand de 50 m2 pour chacune des équipes (100 m2
pour les plus importantes), système de saisie des scores sur console wifi par
les chronométreurs avec pilotage en central, sonorisation de type concert rock,
large recours à du personnel professionnel, plus de 20 chronométreurs étudiants
en job d’été encadrés par des personnalités étrangères du monde du F3J,
déplacement d’un hélicoptère biturbine pour aider en fin de semaine à la
recherche des planeurs perdus, et d’un autre hélicoptère pour la photo de
groupe, terrain de sport aménagé derrière les stands, etc…
Au plan sportif, la configuration du terrain en
bordure d’une forêt et des installations faisait que par vent dominant un effet
de pente était notable au dessus des tentes. En conséquence, un nombre
inhabituel de pénalités de sécurité ont été distribuées par les chefs de piste
pour vol à moins de 3 mètres de hauteur des installations.
Enfin, signalons l’organisation de moments de
détente : coupe Multiplex (vol de durée avec des Easyglider), concours
expérimental avec durées de 20 minutes, concours de treuillage pour les aides,
« party » un soir de la semaine pour les juniors.
La compétition
La compétition s’est déroulée en 12 manches de
qualification et 6 manches de finale. Ce nombre inhabituellement important de
finales va dans le sens des possibilités offertes par le règlement depuis 2004.
Il y avait comme depuis le premier championnat en 1997 2 championnats distincts
pour les seniors et pour les
juniors : seniors et juniors volaient séparément. 11 seniors et 8 juniors
ont été retenus en finale.
La météo a été correcte : soleil, chaleur
supportable, pas de pluie. Le matin, il n’y avait pas de vent, mais celui-ci se
levait brusquement vers 13h. Le premier après-midi de vol, le vent emportait
rapidement les planeurs dans des ascendances étroites, suivies de larges et
puissantes descendances. Il y a eu de nombreux planeurs perdus ou cassés ce
jour-là, les jours suivants l’organisateur a privilégié le vol des juniors le
matin.
Il y avait 25 équipes et 77 compétiteurs seniors
(30 et 88 en 2006) ; 18 équipes et 45 compétiteurs juniors (19 et 43 en
2006).
Contexte de la sélection
En France, la catégorie est en pleine
évolution après avoir connu un point bas en 2004 (13 participants en
championnat de France). Pour tenir compte de l’augmentation du niveau général,
les règles de sélection ont été durcies en 2007 pour l’équipe 2008 : ajout
du concours international organisé en France et nécessité d’avoir participé à
un concours international à l’étranger dans l’année pour être qualifié. Cette
modification semble donc couronnée de succès.
En 4 ans, de 2005 à 2008, la sélection
senior a vu passer 8 compétiteurs différents pour défendre nos couleurs. Ce
turn-over important montre la vitalité de la catégorie mais est aussi un
handicap à court terme, l'expérience des grands rendez-vous jouant
un rôle très important dans les résultats à ce niveau. Rappelons par
exemple que les 12 finalistes présents au championnat d’Europe l’an dernier
participaient en moyenne pour la 5 ou 6ème fois à un championnat
d'Europe ou du monde. Cette année encore tous les participants au fly-off de ce
championnat du monde sont des champions chevronnés, et il apparaît difficile
pour les français de rentrer dans ce carré des compétiteurs de très haut
niveau.
Cette année, nos représentants avaient
une expérience plus importante que les années précédentes :
|
|
Sélection (Classement) |
Sélection (points) |
Nombre de sélections |
|
Philippe Daumas |
1 |
2987 |
1 |
|
Lionel Fournier |
2 |
2947 |
8 |
|
Olivier Finck |
3 |
2936 |
3 |
Treuilleurs
Un bon treuilleur doit être être solide
et vif, mais aussi attentif, rigoureux, réactif aux problèmes rencontrés.
Nos treuilleurs avaient été choisis
parmi les meilleurs compétiteurs français.
Ils ont parfaitement rempli leur rôle.
Tous les treuillages ont été réussis et aucun des équipiers n’a eu à se
plaindre de la hauteur à laquelle il avait été amené. Deux des treuilleurs ont
cette année également exercé des fonctions de « caller » et ont tenu
à jour le blog de l’équipe, Charles Rodriguez étant plus particulièrement en
charge des juniors.
Résultats de l’équipe senior
Les résultats sont les suivants :
-
équipe 4ème sur 25 toutes complètes
-
Olivier Finck 12ème, Lionel Fournier 17ème,
Philippe Daumas 38ème sur 77 concurrents
Pour mémoire, l’équipe de France senior avait
obtenu les places suivantes lors des précédents championnats du monde :
1998 20ème/26, 2000 19ème/27,
2002 6ème /25, 2004 20ème/21 (équipe incomplète),
2006 18ème /30. L’an dernier
au championnat d’Europe, l’équipe de France s’était classée 8ème.
Ä
Au plan du classement par équipes, le parcours de l’équipe de
France peut se résumer à un long coude à coude avec l’équipe américaine, vice
championne du monde 2006, l’une des favorites de ce championnat. Pendant les 7
dernières manches, l’avance a toujours été en faveur des Français sans jamais
dépasser 109 points pour finalement se cristalliser à la fin du concours à 58
points sur 33 000. Etonnante 5ème le 2ème jour,
l’équipe de France ne reculera jamais au classement et viendra vers le milieu
du concours prendre une 4ème place qu’elle ne quittera plus.
Ä
Ce classement vient confirmer les progrès enregistrés au
championnat d’Europe 2007. Cette année, l’expérience de Lionel Fournier en
championnats internationaux a profité à toute l’équipe et contribué aux succès
individuels et collectif.
Ä
Individuellement on relèvera la 12ème place d’Olivier
Finck, un exemple de régularité, qui manque la qualification en finale de
quelques points, la 17ème place de Lionel Fournier, méritoire compte
tenu des conditions aérologiques particulièrement défavorables que le tirage
des manches lui a fait rencontrer au
long du concours, et la 38ème place de Philippe Daumas, la meilleure
obtenue depuis longtemps par un équipier participant à un championnat pour la
première fois. Tous les 3 ont donné le meilleur d’eux même pour obtenir ce
résultat.
Ä
La France est la seule parmi les 7 premières nations à ne pas
disposer d’équipier en finale, ce qui souligne la performance d’équipe
réalisée.
Résultats de l’équipe junior
Les résultats sont les suivants :
- équipe 14ème sur 18, première
équipe incomplète. Une règle de trois pour rapporter son score à une équipe complète lui donnerait 31430
points soit la 4ème place, si ce type d’exercice peut avoir du sens.
- Robin Galeazzi 10ème , Florian Bocquet 24ème, sur 45 concurrents.
Suite au désistement de Titouan Lelaise,
l’équipe était donc incomplète (pas de remplaçant susceptible de participer).
Ä
Individuellement, Robin Galeazzi
est la révélation de cette équipe. Pour sa première participation,
malgré une 2ème manche catastrophique (la fameuse après-midi du lundi,
cf. ci-avant) au cours de laquelle il écopera d’un zéro (casse de son premier
modèle suite à accrochage avec un autre modèle lors du treuillage, puis perte
de son 2ème modèle qui ne sera retrouvé que vers 20h00), il réussira
un sans faute au cours des 11 autres manches. Ce parcours l’amènera, comme
Olivier Finck, aux portes de la finale.
Ä
Florian Bocquet a gagné 7 places par rapport à 2006, et 3 places
par rapport aux autres européens en 2007. Il avait bien passé les vols les plus
difficiles de début de semaine, mais sa position s’est ensuite dégradée peu à
peu pour se stabiliser vers le milieu de classement.
La catégorie manque de compétiteurs juniors. Nous suggérons que le
treuil électrique soit proposé en dotation aux clubs formateurs. Le treuil est un instrument communautaire et
économique à l’usage. Cet investissement
remplace de nombreuses motorisations à la charge des pratiquants. Il
apporte la convivialité et encourage la pratique du modélisme en commun.
Analyse des résultats
L’équipe allemande remporte les 2 titres,
seniors et juniors. Elle dispose des
meilleures individualités, mais aussi d’un réservoir important de compétiteurs
de très haut niveau, et ceci dans toutes les catégories planeurs à championnat
du monde. Sous-comité, clubs,
compétiteurs détiennent et depuis longtemps les clés de la réussite, clés que
nous nous employons en France à réunir peu à peu et bien sûr avec difficultés.
Au cours de ce championnat, l’équipe Allemande a défini le standard à
atteindre : sur 36 vols, 1 seul de moins de 10 minutes, et une moyenne de
99 points à la cible dans des conditions difficiles.
L’équipe d’Allemagne a totalisé 32940 points,
elle n’a perdu que 60 points sur la totalité des 36 vols. L’équipe de France a
totalisé 32000 points, soit un écart avec l’équipe allemande de 940 points,
après soustraction de la moins bonne manche, et à un écart brut (sans
soustraction de la moins bonne manche) de 1516 points. Cet écart montre évidemment l’importance des
progrès qu’il reste à accomplir. Il s’analyse de la façon suivante :
|
Scores bruts |
Points |
% |
|
Défaut matériel |
539 |
36 |
|
Recherche et exploitation des thermiques |
652 |
43 |
|
Cible |
325 |
21 |
|
Total |
1516 |
100 |
Le défaut de matériel correspond à un volet
d’aileron coincé au treuillage lors d’un vol, et à la casse d’un stabilisateur
qui n’a pas supporté les contraintes du treuillage lors d’un autre vol, les 2
problèmes ont été rencontrés par le compétiteur le moins expérimenté.
Les problèmes de matériel de tous ordres sont
malheureusement récurrents depuis 3 ans en équipe de France :
-
en 2006, choix mal maîtrisés de nouveaux modèles à l’intersaison
par 2 équipiers seniors : 52ème et 66ème sur 88.
L’année suivante, les mêmes problèmes ont été rencontrés chez 2 équipiers
seniors mais résolus juste avant le championnat.
-
en 2007, premier modèle cassé 6 semaines avant le championnat pour
un équipier junior, pièce de rechange obtenue seulement la veille du
championnat du fait d’un SAV fabricant déficient, les bons réglages n’ont pu
être retrouvés, tops radio et crash du 2ème modèle, 36ème
sur 38.
-
en 2007 encore, premier modèle cassé non réparable lors du
concours précédant le championnat pour un autre équipier junior, utilisation
d’un modèle de remplacement, 30ème sur 38.
-
et enfin en 2008, manque de fiabilité des modèles pour un équipier
senior.
Ces problèmes de tous
ordres touchent toujours des équipiers n’ayant pas d’expérience en championnat.
Considérant que ces problèmes doivent
prioritairement être réglés, quelles parts respectives auraient représenté dans
le score final les difficultés rencontrées dans la maîtrise des thermiques et
de la cible si ces problèmes de matériel avaient été évités ? L’écart avec
l’équipe d’Allemagne net de la plus mauvaise manche aurait alors été de 611
points et s’analyserait de la façon suivante :
|
Scores nets de la plus mauvaise manche |
Points perdus |
% |
|
Recherche et exploitation des thermiques |
286 |
47 |
|
Cible |
325 |
53 |
|
Total |
611 |
100 |
Cette analyse montre, que compte tenu de l’élimination
de la manche la plus mauvaise, les français ont perdu plus de points à la cible
qu’en recherche et exploitation de thermiques. A chaque vol, l’équipier
français a perdu en moyenne 6,33 points, qui correspondent à :
|
Scores en mètres et secondes |
Total |
% |
|
Temps perdu à l’atterrissage et au treuillage |
0,71 |
11 |
|
Distance à la cible |
5,62 |
89 |
|
Total |
6,33 |
100 |
Au sein
de l’équipe de France, les scores sont contrastés, le Français le plus
expérimenté n’est qu’à 1 point en moyenne des Allemands, alors que le moins bon
en lâche plus de 12.
Cette analyse montre que la distance à la cible
doit être beaucoup plus travaillée, alors que le temps de treuillage et le
temps perdu à l’atterrissage ne sont pas prépondérants au cours des
éliminatoires.
Perspectives
L’objectif d’une équipe qui se place au pied du
podium est tout tracé. Mais avant de
viser une 3ème place, il faudra confirmer cette progression,
collectivement dans un an en championnat d’Europe, individuellement
régulièrement dans les concours internationaux.
L’équipe de France a pu profiter cette année de
l’absence des champions du monde (Wurts, Kohout, Borst) qui pour différentes
raisons n’ont pas participé à ce championnat ou n’ont pas concouru par équipe
(D. Hobby) L’équipe italienne, médaille de bronze en championnat d’Europe l’an
dernier, était privée de 2 de ses équipiers. Une telle situation ne se
reproduira pas en 2010.
Pour obtenir une médaille de bronze, il faudra
obtenir au moins 32700 points (équipe néo-zélandaise intégrant Joe Wurts), soit
10900 points et la 12ème
place par équipier. Tous devront donc participer et se préparer en visant une
qualification en finale.
Fait à Paris le 10 septembre 2008
Luc Bocquet