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Championnat du monde F3F 2026 - 5e et 6e journée, nous ne baissons pas les bras

Le constat à la fin du quatrième jour fait peur : face à cette absence de vent (ou au peu de brise se présentant de temps à autre sans pente autorisée et disponible), l’organisation se doit de réagir par un coup de force, éventuellement hors des sentiers battus. De là naît l’idée de poursuivre le concours à Gijón, à environ deux heures de route, où pentes et vent répondent présents… Mais pour y voler, il faut au moins une autorisation : sans ce sésame, il ne serait pas sérieux d’y envoyer 65 pilotes, une quinzaine d'officiels et tout le matériel associé.

Les demandes sont lancées dès la veille au soir, mais n’aboutissent pas, faute d'un délai suffisant pour l'administration. Finalement, pas de déplacement : l’organisateur nous oriente vers la pente de Comillas, où le vent devrait se lever dans l’après-midi.

Une fois le matériel installé à notre arrivée sur place, nous attendons les conditions promises. Vers 14h30, un souffle se lève, emportant l'espoir avec lui. En enchaînant des vols jusqu’à la nuit et grâce à une petite fenêtre le samedi matin, valider le championnat restait encore jouable…

Mais l’espoir meurt toujours en dernier : le vent faiblit rapidement, avant même la fin du passage du premier groupe de pilotes (qui représentait un tiers du plateau pour un éventuel group scoring). L’organisateur a visiblement la poisse et, malgré tous les efforts, rien n'y fait… À la tombée de la nuit, nous rentrons au gîte les têtes basses, avec la certitude que ce championnat ne pourra plus être validé dans le temps imparti.

La déception se lit sur les visages de l'ensemble des participants (pilotes, organisateurs, jury), mais le professionnalisme de tous permet de maintenir l'ambiance amicale qui a régné durant toute la compétition. Prenant acte de l'absence de vent également annoncée pour le samedi, l’organisation neutralise cette dernière journée. Mais cela n’arrête pas l’équipe de France, qui reste soudée même dans des situations inédites et improbables !

Après le petit-déjeuner, l’équipe de France se rend à Punta Ballota pour une séance photo et vidéo par drone. Beaucoup de visiteurs curieux sont présents, attirés par ce très beau site aux falaises spectaculaires — dont témoignent les magnifiques clichés pris par Pierre Rondel. Les équipes taïwanaise et hongkongaise nous rejoignent sur la pente, mais personne n'ose lancer de planeur F3F, de peur de devoir atterrir plus de 100 mètres plus bas sur les rochers de la plage…

La dernière journée s’achève par une petite cérémonie pour remercier le directeur de course Peter Kowalski ainsi que les responsables du système de chronométrage, Robert Matthes et Daniel Schneider — tous Allemands, figures du circuit F3F et engagés par Carles Aymat faute d'effectifs suffisants dans ses propres rangs.

Dans une atmosphère toujours chaleureuse, la communauté se sépare et les premières analyses débutent déjà pour comprendre les raisons d’un tel échec. Problème de choix de la période de l’année ? Problème d’orientation des pentes retenues ?

Du côté de l’équipe de France, le bilan humain et logistique est extrêmement positif : une cohésion hors pair, de la discipline, de la concentration, une gestion matérielle parfaitement maîtrisée sans aucun manque. Nous avons même été les premiers à dépanner de nombreuses équipes venues de loin qui peinaient à acheminer leur matériel. Zéro problème technique, des déplacements et des adaptations rapides, des réflexions pertinentes intégrant pleinement notre Junior, Antoine Darries (qui a apporté une contribution majeure au fonctionnement de l'équipe), le tout pour un budget très raisonnable.

Mais qu’en est-il de la performance en vol ? Car cela reste le but premier de cette expédition sur les côtes de Cantabrie. Avec six manches durant le Pre-Contest et une seule petite manche durant le championnat officiel, il ne faut pas trop s’avancer. L’équipe autrichienne — emmenée par des pilotes comme Lukas Gaubatz, Philipp Stary et Manuel Rath — reste la référence absolue et s’avère en ce moment imbattable. Ils mettent leurs compétences en commun pour atteindre ce niveau de performance, tout en partageant généreusement leurs connaissances avec d'autres pilotes, y compris nous : un comportement exemplaire.

De notre côté, durant nos vols, nous n’avons pas commis d’erreur : pas une seule base ratée, des trajectoires propres et adaptées au relief comme au vent. J’ai eu de la chance avec ma fenêtre de passage entre Stary et Gaubatz, réalisant un temps de 34 secondes (là où Stary vole en 31 secondes et Gaubatz juste après moi en 35 secondes). Pierre, avec moins de vent plus tard, sort un 39 secondes très solide par rapport aux pilotes passés avant et après lui. Jean-Bastien réalise quant à lui le vol le plus propre qu’il m’ait été donné de voir et signe un 57 secondes, là où d’autres s’envolent au-delà des 60 secondes. Nous sommes donc clairement dans le coup, même si l’écart avec les Autrichiens reste significatif. Grâce à ces temps, l’équipe de France termine en tête du classement de cette unique manche — même s’il faut souligner qu’avec un seul vol, la chance joue un rôle prépondérant.

Maintenant, il faut regarder vers l’avant : travailler avec les autres nations sur une candidature solide pour garantir un beau championnat en 2028, affiner nos techniques de vol comme nos réglages, et nous concentrer sur les derniers concours de l’année, notamment la Pyrenees Cup à Limoux fin septembre.

Ce déplacement reste un échec sur le plan sportif, mais l’aventure humaine aura été exceptionnelle, portée par une entraide sans faille entre toutes les nations. Étaient présents : États-Unis, Australie, Autriche, Allemagne, France, Espagne, Pays-Bas, Danemark, Norvège, République tchèque, Slovaquie, Suisse, Pologne, Taïwan, Hong Kong, Japon, Ukraine, Singapour, Corée du Sud et Grande-Bretagne.

Andreas Fricke

Galerie : https://www.flickr.com/gp/199049928@N07/x6FRW5an5E


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